Si le titre de ce livre pour évoque L’art de la guerre de Sun Tsu, c’est peut-être que l’idée de ce livre est née d’une dispute. Si le sous-titre vous semble bizarre, je vous invité à vous plaindre au groupe qui m’a certifié qu’Image, identité et société, ce n’était pas un sous-titre qui donnait envie de lire un livre.
La dispute, donc, s’est produite entre un réalisateur et moi-même, à propos d’un sujet qui n’aurait pas dû en être un : selon lui, læ comédien·ne jouait, interprétait, vivait, bordel, tandis que læ modèle se contentait de paraître. C’était bien mal connaître, et mon travail et celui de mes pair·es, et mon caractère, que de croire s’en sortir si aisément après une dinguerie pareille.
Tout de même, ça m’a travaillé·e : il y avait ces jeunes femmes qui m’écrivaient pour me demander si je pensais qu’elles étaient assez bien pour devenir modèles, si j’avais des conseils (les modèles hommes, étrangement, n’ont jamais ressenti le besoin de venir requérir ma validation.) Si ma réponse ne variait jamais (tout le monde est assez bien), si j’approfondissais le sujet dans mes copies de philo, je me suis mis·e à chercher des références vers lesquelles envoyer ces personnes.
Et je n’ai rien trouvé. C’est-à-dire, rien qui me convienne. Le discours sur les modèles, à ce moment, n’était jamais un discours pour les modèles et encore moins par les modèles. C’est là que j’ai décidé d’écrire un livre.

La suite, vous la connaissez, il y a eu un kickstarter et vous avez répondu présent·es, j’ai écrit, Julie de Waroquier a relu, j’ai réécrit, Délicate Distorsion a mis en page, un grand nombre de photographes m’ont gratifié·e du droit d’utiliser leurs photographies.
Et le livre existe.
Alors, merci.
